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Success Story – Hedi Zaher : Datavora, c’est la révolution de l’e-commerce !

By August 28, 2017 No Comments

Directeur général et technique de la startup tunisienne, Datavora, spécialisée dans le Big Data du commerce électronique, Hedi Zaher, 39 ans fait partie de cette génération d’ingénieurs entrepreneurs ayant l’ambition de contribuer à la compétitivité économique de la Tunisie. Un précurseur technologique au look décontracté qui nous a reçus dans ses bureaux à Montplaisir pour un entretien des plus pédagogiques.

 

Son entreprise d’à peine un an est en pleine expansion et concurrence déjà d’autres startups à l’échelle internationale. Elle a réalisé en mars 2017, une levée de près d’1 million de dinars comme fonds de démarrage, de quoi lui donner un avenir plus que prometteur !

 

Le parcours d’un ingénieur précurseur

Fils de fonctionnaires au ministère de la Santé, Hedi Zaher, titulaire d’un baccalauréat en Mathématiques obtenu avec mention, a effectué la plus grande partie de ses études au sein d’écoles publiques tunisiennes. De la prépa à l’Institut préparatoire aux études d’ingénieurs de Tunis (IPEIT) en passant par l’Ecole nationale des Sciences de l’informatique (ENSI), Hedi Zaher a excellé dans ses études universitaires.

Avec la vague du bug informatique des années 2000, l’Etat tunisien décide de l’envoyer faire son stage à l‘étranger. Hedi Zaher faisait alors partie du quota de 10% des meilleurs ingénieurs informatiques tunisiens. A ce sujet, il a déclaré « J’avais alors 23 ans et j’avais été classé parmi les dix premiers ingénieurs tunisiens. C’est cela qui m’a permis d’aller faire mon stage de 6 mois à l’école d’ingénieurs d’Evry, la Telecom SudParis ». A ce moment-là, Hedi Zaher travaillait sur les cartes réseaux et les routeurs c’est-à-dire ce qui allait devenir plus tard le Wifi à proprement parlé.

 

Hedi Zaher et le codage Wifi 

Hedi Zaher fut l’un des premiers ingénieurs à avoir travaillé sur l’élaboration des mots de passe permettant d’accéder au réseau sans fil Wifi en France. S’en est suivie une série d’expérimentations sur les limites de la connexion Wifi. En Frankenstein de l’informatique, il ne cessait de pousser plus loin les limites de ses expériences, comme il l’a déclaré lui-même « je fabriquais des antennes avec des boites de Pringles et c’était vraiment génial !».

Pendant son stage à Telecom SudParis, il décide de s’inscrire dans un master recherche au sein de l’Université de Reims Champagne-Ardenne (URCA) mais, coup du hasard, son courrier se perd et il décide de rentrer en Tunisie.

 

Le retour provisoire en terre natale

En 2003, Hedi Zaher décide d’intégrer une boite tunisienne de construction d’infrastructures Telecom, Omniacom dans laquelle il travaillera durant 9 mois « On travaillait sur l’installation des téléphones fixes sans fil dans les zones rurales et nous avons décidé d’aller encore plus loin en intégrant l’internet sur ces téléphones fixes, ce qui était alors une première en Tunisie ! » a-t-il souligné. Interrogé sur son coté avant-gardiste, Hedi Zaher a répondu avec humilité « J’ai souvent été au bon moment dans les bons endroits ».

Entre temps, Hedi Zaher décide de reprendre contact avec l’Université de Reims Champagne-Ardenne pour postuler à un doctorat en ingénierie des connaissances qu’il a effectué en tri-tutelle avec l’école Telecom SudParis et l’Université de technologie de Troyes (UTT). « Je suis arrivé major de promotion sur 250 personnes c’est grâce à cela que j’ai obtenu la bourse ministérielle de l’Etat français et une bourse de monitorat. Durant ce temps, j’ai également reçu des formations pour enseigner l’ingénierie. Formations qui ont eu beaucoup d’impact sur ma carrière et ma vie de façon plus générale » a mentionné Hedi Zaher. Sa rencontre avec lepsychologue, polytechnicien et ingénieur, Hervé Raynaud, marqua un tournant dans sa façon de penser l’enseignement et de percevoir les connaissances cognitives en ingénierie.

 

La France déroule le tapis rouge pour Hedi Zaher !

En 2008, les anciens collègues de Hedi Zaher à l’UTT le contactent pour lui annoncer que la première start-up universitaire de gestion de documents, Cogniva Europe, allait ouvrir ses portes sur les bases de ses travaux de recherches. Ils lui proposent alors de diriger cette entreprise. Répondant aux critères de la carte de séjour compétences et talents qui facilitaient l’installation de cadres ingénieurs étrangers en France, Hedi Zaher, alors 29 ans, se lance dans cette toute nouvelle aventure et repart de pied ferme en France. « J’étais président de cette boite et en même temps son directeur technique. J’y ai travaillé pendant deux ans. Le fait d’être le premier à avoir bénéficié de la carte de séjour compétences et talents m’a valu tous les honneurs. On m’a déroulé le tapis rouge » a raconté Hedi Zaher avec un grand sourire.

Après cette expérience, il intègre une entreprise spécialisée dans la création de blogs, BlogSpirit, en tant que développeurs web. « Nous revendions nos produits sur 70 plateformes de blogs, dont des médias, tels que Le Nouvel Observateur, 20Minutes et Canal+» a-t-il précisé ajoutant que cette expérience a marqué les prémices de son futur travail dans le Big Data. En Janvier 2011, la révolution éclate en Tunisie et Hedi Zaher ne résiste plus à la tentation de s’installer définitivement en terre natale. Après 10 ans de va-et-vient entre les deux rives de la méditerranée, il décide de prendre l’avion en direction de la Tunisie.

 

La décision définitive de retour en Tunisie ou l’appel de la patrie

En décembre 2011, Hedi Zaher revient courageusement en Tunisie. Une décision qui lui vaudra un article intitulé « Jeunes cadres parisiens, ils tentent leur chance dans la nouvelle Tunisie » publié en 2012 dans le journal Le Monde. Sur place, il travaillera durant 5 ans en tant que directeur technique dans une boite d’archivistes français et européens puis, en 2016, il quitte cette entreprise pour fonder sa propre start-up, Datavora« Nous étions trois co-fondateurs, Aymen Ferchichi, Oussama Messaoud et moi-même. Nous nous étions rencontrés une année plus tôt et nous avions décidé de créer quelque chose en Tunisie. Avec 15 ans d’expérience à mon actif, j’ai décidé de me lancer dans cette nouvelle aventure. J’ai alors codé la partie technologique de notre projet » a-t-il rapportéEvoquant la success story de Badreddine Ouali, le président du groupe Vermeg, Hedi Zaher en a profité pour saluer ses réalisations et a ajouté que c’est « un homme qui l’inspire car il a réussi à faire de Vermeg un champion international qui a débuté en Tunisie ».

 

La naissance de Datavora et le goût du risque de Hedi Zaher

Le projet abouti, les cofondateurs de Datavora ont commencé à chercher des financements. Les discussions se sont vite accélérées avec le gestionnaire de fonds, United Gulf Financial Services-North Africa, UGFS. En 4 mois, Datavora, réussi à finaliser une levée de fonds de l’ordre de 1 million de dinars. « Le projet Datavora n’avait pas encore débuté et nous avions déjà levé une somme conséquente. Nos 9 salariés sont d’ailleurs eux-mêmes actionnaires dans l’entreprise » a précisé Hedi Zaher en évoquant un certain goût du risque.

En juin 2016, Datavora nait officiellement sur le prototype des entreprises américaines de la Silicon Valley. Concrètement, l’entreprise a pour mission de recenser les produits vendus sur internet, leur prix, leur marque et les commentaires s’y rapportant sur 2800 sites. Ces données sont par la suite analysées pour établir une étude comparative avec d’autres produits similaires vendus sur d’autres sites internet. Cette opération appelée « monitoring de e-commerce » est rendue possible grâce à un logiciel crée par la start-up Datavora qui lui a permis de se placer en tête du marché international du commerce électronique. Les clients de Datavora s’abonnent à ce service et c’est de cette manière que l’entreprise se rémunère. « Toutes les marques qui vendent des produits sur Internet peuvent être intéressées par notre service » a par ailleurs précisé Hedi Zaher.

 

La politique, l’économie et l’histoire

Marié et père de deux filles, Hedi Zaher est passionné par l’histoire en général et l’histoire militaire en particulier. « L’économie et la politique ont commencé à réellement me passionner à partir de 2011. Avant cette date,  je ne suivais que la politique française en tant qu’observateur. Je pensais qu’il ne pourrait rien se passer d’identique en Tunisie. Déjà, au sein de la prépa tunisienne dans laquelle j’ai étudié, on nous interdisait de faire de la politique » a argué Hedi Zaher. Il est également rédacteur d’articles économiques.

 

Khawla Hamed

 

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