Le “Startup Debugger”, une nouvelle approche de support pour les startups

By April 14, 2017Blog

Au jour d’aujourd’hui, il est clair que les incubateurs et les accélérateurs s’imposent comme les principales structures de support et d’accompagnement pour les startups (les VCs étant considérés plutôt comme des structures de financement).

Cela-dit, la vie d’une startup ne s’arrête pas au bout d’un programme d’accélération. En effet, la traversée du désert ne fait que commencer et pourraient souvent s’annoncer plus longue que prévu, ainsi, le besoin de support serait plus vital que jamais.

D’un autre côté, beaucoup de startups avaient fait leurs petits bouts de chemin sans recourir à des structures de support et ne sont même plus “éligibles” à ces dernières de part leur stade d’avancement. Mais, ce n’est pas pour autant qu’elles cesseraient d’être des startups, avec leurs lots de problèmes et de challenges.

Si je me fie aussi à mon humble retour d’expérience, beaucoup de startuppeurs n’adhèrent pas aux formats “classiques” des programmes d’accompagnement offerts par les incubateurs et les accélérateurs, les trouvants “consuming”, sans réel impact sur leurs business et un peu trop standards.

Ces constats révèlent au grand jour les limites des structures d’accompagnement actuelles et la nécessité de porter une réflexion sur d’autres formats qui pourraient compléter la chaîne de support.

Avant d’aborder l’analyse de l’existant et la proposition d’éventuelles solutions, penchons-nous, tout d’abord, sur les besoins et les attentes des startups.

  1. Les besoins/attentes des startups :

Lors du design d’un programme de support au profit des startups d’IntilaQ (l’organisme de financement de startups dont je suis l’investment & support manager), on a buté sur la fameuse question des attentes. Et puisque rien ne vaut un feedback client, on a décidé d’aller recueillir les besoins auprès des startups et je peux vous confirmer que l’exercice a été plus qu’instructif.

En gros, voici la liste des principaux besoins :

  • Support sur la levée de fonds.
  • Résolution de problèmes produit (technique, UX/UI, product management…).
  • Design et déploiement d’un plan marketing.
  • Networking orienté sales.
  • Recrutement et rétention des talents (RH).
  • Support juridique (principalement sur la création de filiales étrangères et sur la protection de l’IP).

Au-delà des besoins, la majorité des startups a exprimé son désir de bénéficier d’interventions à la carte avec une obligation de résultat plutôt que de prestations de conseil packagées en programme sur une période déterminée.

A la lumière de ses besoins, on va essayer de jauger la concordance avec l’offre des incubateurs et des accélérateurs.

2. Analyse de l’offre des structures de support :

Les structures de support qu’elles prennent la forme d’incubateurs ou d’accélérateurs proposent, principalement, sur une durée déterminée (suivant le programme) :

  • Un espace de travail.
  • Des facilities (comptabilité, tâches administratives…).
  • Des events et des workshops thématiques.
  • Du coaching/conseil pour structurer le business et améliorer le pitch.
  • Du mentoring.
  • Du networking.
  • Du financement ou un accès à des investisseurs potentiels.

Cette offre, même si elle pourrait s’avérer précieuse, ne répond que partiellement aux besoins des startups et ce, pour les raisons suivantes :

  • Une approche standard et rigide : les startups ont des métiers et des phases d’avancement différents nécessitant un accompagnement adapté et personnalisé. De plus, le contenu standard d’un programme pourrait comporter des prestations qui peuvent être jugées comme superflues par certaines startups.
  • Une approche sélective : bien entendu, il n’y a qu’une infime minorité de startups qui ont la chance d’intégrer des programmes de support, et pour y arriver il faudrait passer par un process de sélection en funnel qui ne retient qu’une petite proportion.
  • Une approche ponctuelle : l’accompagnement s’arrête généralement une fois le cycle d’incubation ou d’accélération clôturé.
  • Une approche orientée principalement soft skills et conseil : Cette démarche est très intéressante, surtout pour les néophytes, mais à des stades plus avancés, on a plus besoin de vraies solutions.
  • Un support limité sur le volet opérationnel : les aspects opérationnels qu’ils soient techniques/produit, commerciaux/mkg ou RH sont mollement abordés durant les programmes d’accélération ou d’incubation.

Cette analyse nous permet alors de classer les incubateurs et des accélérateurs plutôt comme “enablers” (facilitateurs) offrant un environnement de travail propice, du conseil et un accès au financement.

3. L’alternative du “Startup Debugger” :

Partant des constats et des conclusions déjà exposés, je me suis attelé à structurer un nouveau format qui pourrait éventuellement compléter la chaîne de support des startups et que j’ai nommé, “Startup Debugger”.

Qu’est ce qu’un “Startup Debugger” ?

Il s’agit d’une interface (structure) de coordination qui gère un réseau de prestataires dont le scope couvre quasiment tous les aspects opérationnels et stratégiques de l’activité d’une startup. Ce réseau sera sollicité pour intervenir ponctuellement et apporter des vraies solutions à n’importe quel problème rencontré par la startup. Pour garantir une qualité de service irréprochable, les interventions doivent être payantes (moyennant des prix préférentiels de partenaires).

Le réseau de partenaires devrait inclure au moins les prestataires suivants :

  • Experts techniques (web, mobile, solutions d’entreprises, IOT…).
  • Experts en product management et project management.
  • Expert UX.
  • Experts métiers.
  • Cabinet de corporate finance (pour la levée de fonds).
  • Cabinet spécialisé en marketing & sales.
  • Agence de com’.
  • Agence digitale.
  • Cabinet spécialisé en RH/recrutement.
  • Avocat spécialisé dans le secteur de l’IT.
  • Un partenaire stratégique de taille (grande compagnie IT).

How it works ?

Le process commence par l’exposition, en privé, du problème via une interface web/mobile. Dès sa réception, la requête est traitée par la structure de coordination qui approfondit le diagnostic, identifie le prestataire adéquat, négocie le prix et les délais. Une fois finalisée, l’offre est transmise à la startup cliente pour validation. L’équipe de coordination assurera par la suite le suivi et l’évaluation de la prestation.

Quels avantages ?

Contrairement aux formats classiques, le “Startup Debugger” présente les avantages suivants :

  • Une offre personnalisée et flexible.
  • Une plateforme ouverte à toutes les startups.
  • Une accessibilité qui n’est pas limitée dans le temps.
  • Une approche orientée résultat apportant des vraies solutions.
  • Un large scope qui couvre quasiment tous les volets de l’activité d’une startup qu’ils soient opérationnels ou stratégiques.

Pour résumer, le “Startup Debugger” n’est ni un cabinet de consulting multidisciplinaire (qui se contente de produire des livrables), ni une structure d’accompagnement au vrai sens du mot mais plutôt une structure d’assistance agile, multidisciplinaire, ouverte et apportant des solutions réelles, qu’on pourrait d’ailleurs l’assimiler à un couteau suisse ou à une brigade d’intervention rapide.

Le “Startup Debugger” ne prétend pas, non plus, remplacer les incubateurs et les accélérateurs, qui ont, d’ailleurs, une valeur ajoutée indéniable, mais plutôt pallier à leurs limites, rendant ainsi la chaîne de support plus performante; Peut-être qu’on arriverait un jour à enterrer cette vieille rengaine : “Une startup sur dix réussit”.

 

Par Aymen Mbarek

Aymen Mbarek

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